Le site archéologique se trouve sur une terrasse du fleuve. Il le surplombe par une pente abrupte de 15 mètres rendant la station insoumise aux inondations. De cette position de hauteur, on domine parfaitement une vaste plaine alluviale, terrain propice aux cultures, sur la rive nord. Là débute la Petite Beauce tandis qu’au sud commence la Sologne marécageuse.
Au registre du cadastre, le site pré et protohistorique de Muides-sur-Loire est localisé au lieu-dit " Le Bas du Port Nord " et s’y étend de la parcelle 3 à la parcelle 10. Il fut découvert en 1970 grâce à des prospections de surface qui avaient alors révélé essentiellement une importante occupation néolithique. Depuis lors, il avait été l’objet d’une surveillance attentive. D’autres stations, situées elles aussi sur ce coteau avaient par ailleurs été remarquées. Cependant, menacé par des projets d’urbanisation, " Le Bas Du Port Nord " fit l’objet de travaux de sondages en 1987 et 1988, puis de travaux de sauvetage en 1989 et 1990 suite au début de l’aménagement d’un lotissement.
Ces premiers travaux confirmèrent l’importante occupation néolithique mais ont aussi fait apparaître une occupation de l’Âge du Bronze ainsi que des traces d’une occupation de l’Epipaléolithique. Un abondant matériel fut mis au jour. Ces résultats, très positifs, conduisirent le Service Régional de l’Archéologie de la Région Centre à mettre en place un programme de fouilles triannuel entre 1991 et 1993, programme qui fut renouvelé en 1994, en 1997 et de nouveau en 2000.
La densité de l’occupation de ce site s’explique par la présence d’un gisement d’opalite, un silex tertiaire. Ce gisement se trouve dans le lit de la Loire et est facilement
accessible, en particulier durant l’été lorsque les eaux sont basses. Présent sur toute la largeur du fleuve, il constitue un parfait gué qui a été utilisé au cours de l’antiquité et du moyen
age. Bien entendu, il en fut certainement de même durant les temps pré et protohistoriques. Le lieu d’implantation du site est donc particulièrement intéressant, de par la présence du gué,
l’accès aisé au fleuve et l’importante quantité de matière première à disposition.
Le néolithique
Grande période suivant le mésolithique, le Néolithique se situe entre 5000 et 2000 av JC environ pour nos régions. Le climat général est plus doux et humide qu’au Paléolithique et au Mésolithique. Autrement dit, c’est le climat actuel qui s’installe. La faune et la flore sont sensiblement les mêmes qu’aujourd’hui, si ce n’est que les loups, les ours, l’auroch peuplaient encore nos forêts.
Cette période est caractérisée par une économie basée sur l’élevage et l’agriculture, que favorise le climat. Les hommes sont donc sédentaires, habitant dans des maisons à couverture végétale et mur en terre au sein de villages. Dans le bassin parisien, on constate l’arrivée de deux courants néolithiques, l’un de l’Est de la France et l’autre du midi. La Loire moyenne constitue la zone de rencontre entre ces deux entités au milieu du Veme millénaire avant notre ère.
A une première phase (Néolithique ancien), succède une phase de sédentarisation des populations (début du Néolithique moyen). Les enceintes palissadées entourent les villages fréquemment implantés sur des hauteurs. Les forêts de chênes et de hêtres des plateaux commencent à reculer au fur et à mesure des besoins de l’agriculture.Une meilleure gestion des ressources et des territoires se met en place. Des mines de silex sont exploitées pour de nouveaux besoins en outils lourds d’abattage (lames d’herminettes, haches). Les grandes nécropoles monumentales apparaissent aux abords des villages. Elles précèdent de quelques siècles la construction des dolmens.
Des réseaux d’échange de biens de prestige commencent à se mettre en place sur de longues distances, sans doute par échanges ritualisés de village en village.

Le village néolithique découvert à Muides offre toutes ces caractéristiques. Un riche ensemble céramique se distingue par la présence de nombreux vases à ouverture carrée ou
ovale, décorés de motifs cornus. Formes et décors renvoient à des influences et des "rites" méditerranéens. L’outillage en silex reflète bien les activités dominantes de ces
populations : éléments de faucilles et couteaux à moissonner. L’herminette de défrichage est à son apogée. Les tailleurs de Muides en font une
spécialité grâce à l’extraordinaire gisement de matière première locale. Les lames d’herminettes seront ainsi diffusées pendant tout le Néolithique en direction des autres communautés agricoles
environnantes.
Le projet d'archéo site....
Historique du projet
Entre 1988 et 1999, l’association est installée dans le parc de la Créssonière sur la commune de Muides sur Loire. En parallèle des ses activités archéologique, elle développe son parc archéologique en reconstituant des habitats des périodes néolithiques et gauloises et s’en sert de support pédagogique auprès des publics qu’elle accueille.
En 2000, le maire de la commune de Muides sur Loire, remet en cause les actions et les valeurs de l’association. Un conflit s’engage alors entre la mairie et l’association. Aucun compromis satisfaisant pour les deux parties ne sera trouvé. Archéologie pour tous perd son parc archéologique et la commune perd une grande partie de son volet culturel, au grand dam des amoureux de l’histoire et de la préhistoire mais aussi des commercants locaux...
En 2001, pour pouvoir perdurer et continuer à développer ses projet sereinement et n’étant plus la bienvenue a Muides, l’association Archéologie Pour Tous abandonne ses
locaux du parc de la Créssonnière et démonte ses reconstitutions d’habitats et de mobilier.
Depuis ce projet se monte à Saint Laurent Nouan....
Merci au site: http://www.archeopourtous.org