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5 novembre 2013 2 05 /11 /novembre /2013 14:20

La République du Centre a publié hier un article sur un thème intéressant, la parité nécessaire dans l'élection municipale de mars prochain.

 

Pour autant les propos rapportés s'égarent souvent sur des stéréotypes d'un autre âge.

 

 
Considérer que rendre obligatoire la présence d'autant de femmes que d'hommes sur les listes de candidats c'est "s'entourer de personnes qui n'ont pas l'expérience requise", c'est avouer qu'on ne souhaite pas, surtout pas, renouveler les élus. Oui, le renouvellement fait perdre en expérience, mais il fait gagner en dynamisme, en nouvelles compétences, et évite d'avoir un regard trop sclérosé sur sa commune. L'idéal étant de créer une liste qui allie les deux...
 
Considérer que l'engagement des femmes en politique leur impose "de mener une troisième journée après le travail et le rôle de maman", c'est oublier que dans la France de 2013, cela doit s'imposer aussi aux hommes, entre leur engagement, leur travail et leur rôle de père.
 
 
D'autres témoignages, d'autres maires ruraux, paraissent mieux connectés à la réalité. Et finalement si certains ont du mal à trouver des femmes pour rejoindre leurs listes, peut être faut-il y voir un retour de bâton de leur attitude misogyne.
 
L'article en question

 

Article original

 

Hommes et femmes, à égalité : un sur deux sur les listes, et un sur deux comme adjoints ! - BESSEYRE Christelle

 

Une modification du scrutin pour les communes de 1.000 à 3.500 habitants oblige à la parité hommes-femmes sur les listes électorales. Un exercice pas facile à gérer, selon certains élus.


A cinq mois des échéances électorales, maires sortants et têtes de liste, s’affairent, en coulisses, à ébaucher leur liste électorale et leur future garde rapprochée. Mais cette année, l’exercice est quelque peu différent. En vertu de la loi 2013-403 du 17 mai 2013, le « scrutin de liste » est dorénavant imposé aux communes de plus de 1.000 habitants, contre 3.500 jusqu’à présent. Ce qui implique une obligation de parité hommes-femmes aussi bien sur la liste que dans l’équipe d’adjoints. De quoi faire naître des inquiétudes chez les candidats.
« Nous allons devoir nous entourer de personnes qui n’ont pas l’expérience… »

À la tête d’un conseil qui compte dix-huit hommes et cinq femmes, Emmanuel Rat, maire de Châtillon-sur-Loire (3.228 habitants), affirme que cette nouvelle réglementation va poser problème. « Je vais devoir demander à des conseillers “hommes” de ne pas se représenter… » Le problème de l’élu va se complexifier pour ses adjoints qui l’accompagnent - trois hommes et une femme. « Avec ce désir de démocratie, on en tue une autre?! Nous allons devoir nous entourer de personnes qui n’ont pas l’expérience requise pour une question de parité?! » Sans compter que, selon Emmanuel Rat - qui confie avoir commencé à démarcher des représentantes de la gente féminine, c’est « très compliqué » de trouver des femmes prêtes à s’engager pleinement.

 

À 71 ans, Maud Girault, premier magistrat de Beaulieu-sur-Loire (1.785 habitants) depuis 2008 et qui ne briguera pas de second mandat, reconnaît la surcharge de travail. « Moi, j’ai joué la parité car je voulais que tout le monde puisse s’exprimer. Les mères de famille aussi ont des choses à dire?! Mais ce n’est pas évident de trouver des femmes qui acceptent de mener une “troisième journée” après le travail, le rôle de maman… Il faut faire des choix ».


Elle comprend donc l’inquiétude de certains de ses collègues, soulignant que « les femmes sont souvent très intéressées » mais ne mènent pas leur démarche jusqu’au bout, de peur de ne pas pouvoir s’investir « à 100 % ».

Si Maud Girault salue la prise en compte de la question de la parité sur les listes, elle regrette cette même contrainte pour les postes d’adjoints. « C’est très mauvais d’imposer cela. C’est avant tout une question de compétences et de temps. Non de sexe… ».

Le discours d’Hubert Abraham, le maire de Patay (2.080 habitants) se veut, lui, plus rassurant. Même s’il ne sait pas encore quel sera son avenir politique, il affirme que la parité ne posera pas de problème. « Ce n’est pas une question d’hommes et de femmes, mais une question d’équipe. La parité ne me paraît pas trop dure à réaliser avec discernement ».

Reste à voir si les futures adjointes pourront prétendre à d’autres sièges que ceux du social, de l’enfance ou du personnel… Des compétences qui semblent leur être souvent dévolues… « naturellement ». 

 

Lætitia Roussel

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Published by Frédéric Orain - dans Presse
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